Ma prière: entre Grâce et frustration

Publié le par Manu

"Seule une âme qui prie peut accomplir des progrès dans la vie spirituelle".

Cette phrase, qui pourra paraître bien extrême à certains lecteurs, résonne en moi avec un désir profond, celui d'une relation plus intime avec Dieu, mais également avec une certaine forme de frustration.

La pratique régulière de la prière, que j'ai découverte aux cours de retraites d'inspiration ignatienne, est source de vie à bien des égards.

C'est une décision que j'offre à Dieu, par laquelle je prends l'initiative d'entrer dans une relation active avec Lui, de ne plus me contenter d'une foi abstraite et sans incidence concrète sur mon quotidien.

C'est un entrainement au discernement, à un regard plus lucide sur ma relation à autrui et à Dieu. Loin de rester passif ou d'en faire une routine, la prière m'incite à me mettre à l'écoute des mouvements de mon coeur, à y déceler les paroles et les activités où Dieu me parle, qui sont sources de vie et d'amour, et celles qui me font souffrir et me replient sur moi-même, qui constituent un obstacle dans ma relation à autrui et dans ma vie spirituelle, qui sont donc sources de péché.

C'est enfin un temps que je consacre à Dieu. Un temps fixe: si je décide de prier pendant vingt minutes, je tiens la durée même si je ne ressens rien et m'ennnuie, et j'arrête au bout du temps imparti quand bien même je trouverais beaucoup de goût à mon oraison ou je ferais l'expérience de moments d'extase. Je tiens pour respecter l'engagement que j'ai pris devant Dieu, et j'arrête par considération pour la dimension de gratuité de la prière, pour ne pas en faire une nouvelle forme de gratification des sens.

Il est important en effet de savoir prendre le temps, d'organiser sa vie. Il y a un temps pour le travail, un temps pour la prière, un temps pour les loisirs, etc. A une époque de ma vie je n'ai plus sû séparer le temps du travail et celui de la vie privée, et j'ai alors connu une forme de mal-être qui m'a profondément et durablement marqué.

C'est pourquoi je rends grâce à Dieu de m'avoir fait découvrir la prière. Je suis cependant terriblement frustré, parce que je n'arrive pas à prendre de façon régulière ce temps. Intimement convaincu des bienfaits que je viens d'évoquer, je ne cesse pourtant de repousser, de jour en jour, ce moment que j'ai pourtant choisi de consacrer à Dieu. Jusqu'à ce que la culpabilité me déborde et que j'enchaîne de manière très rapide plusieurs temps de prière très rapprochés. Puis je reprends confiance, je me promets d'être régulier, et je recommence à repousser.

Il m'a été conseillé de consacrer pour le moment une heure complète chaque semaine à ce temps de prière, une seule heure (plus il est vrai vingt minutes de temps de relecture de vie séparé). J'essaie de m'y astreindre: c'est un combat.

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